Sylvain Guérineau - Alvéoles 3  
Sylvain_Guerineau___Alv_oles_3Concert doublement à domicile : il s'inscrit dans l'excellente série de concerts "Jazz@Home" ("Tout a commencé un soir de décembre 2009… voir la suite) de Bertrand Gastaut, et ces concerts sont enregistrés et vous sont proposés pour en profiter chez vous (OK, ailleurs aussi avec ces iMachines).
Dans cette collection, un concert récent (le 28 septembre dernier) attire l'attention : il réunissait deux musiciens qui ont l'habitude de jouer ensemble, Sylvain Guérineau et Benjamin Duboc. Non, ce choix n'est pas dû à la nouvelle coiffure de ce dernier, mais parce que Sylvain Guérineau une fois encore s'est placé là où on ne l'attendait pas.

Ce musicien étonnant, qui a choisi le retour sur la scène du jazz après une vie professionnelle dédiée à l'éducation de jeunes pousses, est de bien des rencontres, des aventures musicales : les pieds solidement enfoncés dans les terres du free jazz, il cotoie aussi la musique improvisée, l'électronique et probablement d'autres manières de prolonger l'héritage du jazz nourricier dans ses développements actuels.
Son discours fluide et inspiré, ses sonorités (sa gentillesse aussi) en font un des musiciens les plus prisés de la scène parisienne.
Et quant à son énergie ...

Ce soir là, les premières notes du saxophoniste détonnaient.
Bien sûr, du free de la côte est de l'Atlantique, inévitablement, mais avec des accents d'un autre temps, de périodes révolues de l'histoire du jazz. On y retrouvait ce balancement, ce "déhanchement" caractéristique du phrasé du bebop des origines. Plus surprenant encore, pointait l'évocation de l'hypersensibilité du discours d'un Lester Young. Peut-être est-ce là un effet de mon imagination, de l'avancée inéxorable de la sénilité, mais ce mix surprenant des accents d'un jazz d'antant et d'un free européen procure un plaisir sans mélange *. Peut-être aussi tout était déjà là lors de ses précédents concerts, mais l'avais-je entendu avec une attention suffisante ?
Toujours est-il que Benjamin Duboc amplifiait ces références, n'hésitant pas par moment à esquisser des pas de "walking bass", des balises répétitives. Peu ou pas de jeu à l'archet ou sur la caisse, pas de résonnances voix-cordes-bois.
Puis, vers la demi-heure de jeu, Sylvain Guérineau se met en retrait pour un solo à la contrebasse. Cette sonorité ample caractéristique du jeu de Benjamin Duboc, un choc émotionnel à chaque concert. Et un discours qui renoue pleinement avec la musique improvisée.
Le concert connaît alors un phase particulièrement inspirée, toute d'intensité, avec un duo résolument puissant largant les amarres de l'histoire.

Place à la musique. Pour assister à ce concert, il suffit de cliquer sur la photo, qui vous conduira à la bonne page.

guerineau_duboc_jazz_home_37
lien direct : http://jazzathome.fr/archives/jazz37


A quelques minutes de la fin, une coupure pour enchaîner ensuite sur la fin effective du concert : un problème technique à supprimer ?

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* Si je vous ai mal compris, amis musiciens, pardonnez ces oreilles défaillantes.