Liberté & Fraternité, soit "uhuru na umoja" en swahili
illustration free fightL'Afrique toujours fascine les noirs des USA, et le Swahili a pris le statut de grande langue quasi internationale, à l'image de l'anglais.
Uhuru na umoja à vous ! Après cet aperçu de ma parfaite connaissance de cette langue, je propose l'écoute du disque du même nom des années 70 du quartette de Frank Wright.

Il débute par "Oriental Mood".
Après un quasi "hymne", finalement assez court, au sax alto, surgit la déferlante au tenor de Frank Wright. Nous sommes d'emblée dans un free jazz furieux des premiers âges, juste après la percée d'Ornette, Coltrane, Dolphy, Ayler ...
Un groupe remarquable ! Noah Howard au sax alto, Bobby Few au piano et Art Taylor à la batterie. Il s'agit donc d'une formation sans contrebasse mais avec piano.
Un Noah Howard au chant tourmenté prend la relève de Frank Wright suivi par un Bobby Few au piano (est-ce lui qui chante ? probablement) pétrit d'humour accompagné merveilleusement par un Art Taylor omniprésent (je croyais son jeu définitivement balisé, erreur !) et des sifflements des deux saxs. Ces derniers reprennent leur chant et terminent par un cri (de surprise ?) ...
Le temps passe diablement vite avec ces musiciens-là.

La 2e piste : "Aurora Borealis"
Un thème lyrique, introduit à la manière d'un Ayler, avec des vibratos, des arpèges, quelques douces vociférations, j'ai cru distinguer un harmonica aussi (à moins que mon sonotone fasse des siennes).
Un thème ? Difficile à dire. Plutôt un bel épanchement, laissant par moments place à une douce rage ...

Mais au fait, pourquoi vous parler de ce disque ? S'agirait-il d'un tube ?
Hélas non! On connaît le nom de Frank Wright, mais pas nécessairement sa musique. Idem pour Noah Howard.
L'occasion d'un retour sur ces artistes nous est offerte par la création d'un nouveau site "Free Fight" .
Oui, vous avez déjà entendu ce nom. Il s'agit de cette revue qui fouille les trésors constitutifs de ce que sont les courants musicaux actuels les plus inventifs, et qui, parfois, sont oubliés, ensevelis par les productions toujours nouvelles (il faut bien que les musiciens vivent, se fassent connaître, reconnaître). Excellente revue qu'on peut acheter en ligne sur le site du Son du Grisli  ou chez votre disquaire préféré ... s'il est lui-même fondu de jazz (au hasard, au Souffle Continu).

Free Fight this is our (new) thing - détail

Une revue, mais pas un site, en effet.
Mais quand un numéro est épuisé, autant en mettre des extraits en ligne ... avant d'envisager une réédition complète de tous les numéros.
Et c'est en parcourant ce site, Free Fight, qu'on peut trouver un point sur Frank Wright. L'occasion était trop belle de l'associer avec la musique dont il est question.
Un mix donc entre Deezer (oui, il y a de la pub, mais nous avons la musique) et l'article de Free Fight consacré à cette musique qui se termine par ces propos corrosifs de Noah Howard : « Frank a joué brièvement avec Cecil Taylor, et je crois qu’il a été le seul saxophoniste que Cecil a vraiment entendu. »

La musique est au bout du clic
uhuru na amoja
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Et pour faire bonne mesure, trois autres articles (en anglais, mais si je les ai compris ...) :
- Une bio sur All Music Guide : http://www.allmusic.com/artist/frank-wright-p139840/biography
- Une chronique de ce disque sur ce même site : http://www.allmusic.com/album/uhuru-na-umoja-r733307
    ... et sur the live music report (où l'on trouve la traduction du swahili, bien sûr) : http://www.thelivemusicreport.ca/received/2005a/america/frankWright.html


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