Tristan Macé - photo FaceBook
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Résister nuit. Un titre étrange a priori.
On pourrait croire à un chant résigné, soumis.
Mais c'est un titre en trompe l'oeil. Résister nuit ... à l'oppresseur
Et celui qui résiste "une pichenette de son rire suffit à culbuter le maudit manège".
"Il apporte l'universel refus".
Une forme de raccourci de la personnalité de Tristan Macé, douceur et ténacité, douleur et révolte.

Il est de ces musiciens finalement peu nombreux à taquiner le bandonéon, petit frère de l'accordéon (aïe ! stop ! pardon !). Le tropisme puissant de la couleur argentine allié à la recherche d'une musique neuve. Et souvent, la puissance des mots.

C'est le cas ici avec "Résister nuit". Une note répétée à la basse, des balafres au bandonéon, un chant à peine esquissé, des roulements murmurés à la flûte, quelques ponctuations à la batterie pour installer la projection du texte, du manifeste de Tristan Macé. C'est Yann Clery (fl) à qui revient la tâche de dire, avec une fraîcheur désarmante.

Puis, place est faite à la musique des notes, lancinante, aux superbes couleurs. Des lambeaux de mélodies au bandonéon, en dialogue avec une flûte qui papillonne, qui ajoute un balancement irresistible. Oui, c'est du tango,  mais distancié et sans pathos, au lyrisme contenu.

Le texte revient. La victoire n'est pas toujours là. Un chant sombre à l'archet.

Un univers musical original et délicat, attachant.

Tristan Macé et sa formation :
Bandonéon, composition et texte Tristan Macé ; Yann Cléry, flûte et voix, Matthieu Bloch, contrebasse, Thibault Perriard, batterie.
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