Plaistow - photo Juan Carlos Hernandez
Plaistow - photo Juan Carlos Hernandez

Il y a moins d'un an, à l'occasion de leur concert parisien, j'avais proposé de télécharger (le plus légalement du monde) le dernier album de Plaistow "The Crow" .

Retour sur ce groupe franco-helvétique pour une vidéo, un concert en fait de près d'une heure, à Lausanne le 1er juillet 2011.

Un trio dont la musique est assez inhabituelle. On y perd ses repères.
La composition du groupe est pourtant relativement classique : un piano (Johann Bourquenez), une batterie (Raphaël Ortis) et une guitare basse (Cyril Bondi).
Hormi l'utilisation de la guitare à plat, chose devenue assez commune, les autres instruments sont a priori joués d'une manière assez conventionnelle.
Mais la musique ...
Quoique.
On y retrouve l'obsession répétitive (ce qui n'est pas neuf), le dédain de toute trace mélodique (on y est à présent coutumier), une certaine pulsation régulière (d'ailleurs plutôt au piano qu'à la batterie).
Mais le traitement d'ensemble peut surprendre.
Au début du concert, le piano seul est joué.
Des notes très graves, une sorte de bouillonnement sourd. On s'attend à un entrée progressive des deux autres instruments, mais non. Cela s'installe. Et ça dure. Quelques roulements de cymbale au bout de 5 mn, un peu plus tard aussi, mais le piano continu en solo, un discours martelé, à haute intensité.
Il ne s'agit pas seulement d'installer une ambiance, une couleur, mais bien de créer une transe, de dégager un espace quasi bruitiste, un chaos, soumis à d'infimes variations chromatiques, à des empilements de couleurs, de timbres, qui ouvrent la voie aux deux autres instruments ... au bout de 8 minutes. Trois instruments majoritairement traités en percussions, quelques frottements aussi, pour une richesse sonore encore plus chaotique, plus déchiquetée.
Et ça fonctionne. On s'y soumet bien volontiers. Une musique improvisée d'une autre sorte.
Mais il est dit que ce ne sera pas ainsi. A la demi-heure, la guitare basse quitte l'horizontale pour une musique très sombre. Les frappes à la batterie se font plus régulières, plus lentes, plus lourdes, comme un rock en limite d'épuisement. Le piano continu son glissement très progressif vers les notes les plus aigues, et nous conduit ainsi vers la fin du set, du voyage.

La vidéo est disponible sur le site de Plaistow.
Il suffit de cliquer sur l'image.
Plaistow - image de la video de Lausanne 2011
...

Un groupe dont la musique semble en évolution continue.
A entendre encore, à suivre, de préférence lors d'un concert.

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Présentation du groupe sur leur site :
Baptisés du nom d'un titre de Squarepusher, les trois jeunes musiciens franco-suisses jouent une musique indéfinissable. On croit tenir du jazz et ça dérape semi-électro. On accroche une mélodie et voilà qu'ils la déjouent dans de grands éclats métalliques. Un côté rock, un autre qui penche vers le minimalisme de Steve Reich et, au milieu, un groupe scénique singulier qui travaille, joue, cherche, creuse depuis cinq ans dans une terre encore vierge. Une découverte, une vraie.
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