AliquidJe ne sais s'il s'agit d'un concert, mais il s'agit bien d'une pièce d'un peu plus de 42 minutes, à écouter dans les conditions d'un concert : ne se laisser distraire par rien et se mettre en situation de confort d'écoute maximal.
Sinon, retarder pour un moment plus propice.


C'est en effet un subtil moment poétique, tout de lyrisme pudique, d'images acoustiques délicates, de matières sonores très enchevêtrées. Pour l'essentiel de la pièce, à partir de la 3e minute jusqu'à la 33e environ, le son du saxophone est comme troublé, tremblé par son traitement électronique. On se demande qui opére cette transformation : le saxophoniste à l'aide de pédales (post chronique : Et non, Sylvain "a juste le bec et l'anche") ou Jean-Marc Foussat, ce dernier travaillant (par ailleurs) à croiser ses tissus rapeux ou ses nappes liquides, à propulser ses stridences et ses gouttes sonores, à réinjecter le discours du sax ou à glisser des sons d'ailleurs, comme les pleurs d'un bébé.

La sensibilité des deux artistes se déploie à l'envie, leur goût de l'imaginaire, pour un long vol à ne surtout pas interrompre au risque de briser la magie de l'instant.

Pour embarquer, cliquez sur la photo d'une toile de Guérineau
Aliquid - toile Sylvain Guérineau

Une autre approche du duo sax-électronique après celles de danQ et du duo Abdelnour-Lehn.

Et pour compléter le voyage, une plongée dans les "rouilles" de Sylvain Guérineau.

Sylvain Guérineau - détail de rouille

Voir aussi chroniques du CD Aliquid et précédent article sur FluxJazz .