Globe Unity Orchestra 67Musiques actuelles, enregistrements d'alors. L'histoire du jazz (incluant bien des ramifications) est riche de moments magiques, à tel point qu'on en oublierait certains, et pas des moindres, sans compter ceux que les hasards de l'existence n'ont pas permis de rencontrer.

Pourtant, de tels moments peuvent être fondateurs.
Ainsi le Globe Unity Orchestra, dans ses enregistrements de 67 et 70, est sinon à l'origine d'un free jazz européen, du moins l'une de ses manifestations les plus emblématiques.
A l'époque, en effet, et bien qu'on s'en défende alors, hors des USA point de salut, du moins pour l'impulsion de nouvelles directions.
Et à ce tournant des années soixante, après l'incroyable émergence d'une musique Free, après Coltrane, Ornette, Dolphy, Ayler et leurs ouvreurs comme Monk et Mingus, il fallait oser s'engouffrer dans cette brêche libertaire pour créer une identité spécifique, une musique qu'il fallait bien appeler Jazz, mais sans le blues comme racine, une musique d'Europe qui s'est révélée incroyablement riche et foisonnante.

L'un de ces moments là s'offre ici à notre écoute, pour des retrouvailles ou pour une découverte. Alexander Von Schippenbach est certes connu comme pianiste, mais il restera peut-être comme l'initiateur de ce jazz là, du moins dans l'une de ses composantes, le grand orchestre.

18 musiciens, la fine fleur du jazz d'alors en Europe (du nord), incluant goûlument deux formations : le trio de Peter Brötzmann et le quintette de Manfred Schoof, plus d'autres fines lames. Je ne suis pas bien sûr des membres du groupe, mais citons : Gunter Hampel, Gerd Dudek,Willem Breuker, Peter Brötzmann, Manfred Schoof, Albert Mangelsdorff, Alexander von Schlippenbach, Buschi Niebergall, Peter Kowald, Jaki Liebezeit, Mani Neumeier,Sven-Åke Johansson, Evan Parker, Paul Rutherford, Arjen Gorter, Derek Bailey, Han Bennink, Paul Lovens, Kris Wanders (?). Que ceux qui ont la science me corrigent.
A l'écoute, les enregistrements de 67 et de 70.
52 minutes d'une déferlante créatrice.


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Bien sûr, il y aura un peu de pub, mais avec la législation actuelle, il faut remercier Deezer de mettre cette musique là en ligne.
Passionnant n'est-il pas ?
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deux liens utiles à propos de cet album : un éclairage d'Alexander Von Schlippenbach et un article sur AllMusic.