Carlos Zingaro & Maguelone Vidal - Galerie Hus (photo dolphy00)
10_12_13_22_Zingaro_VidalUn lieu à découvrir : la Galerie Hus, près du métro Abbesses, sur la colline de Montmartre.
Des toiles bien mises en valeur, dans un lieu très clair, et une politique d'animation culturelle qui vise à juxtaposer (croiser ?) des créations de divers domaines. Ce soir du 13 décembre 2010, la musique improvisée était invitée, avec Carlos Zingaro (violon) et Maguelone Vidal (saxophones baryton et soprano).

Une salle pleine, des enfants impatients d'assister au spectacle, un accueil convivial (ah la pause sucrée salée !!!).

Carlos Zingaro est un habitué des aventures musicales, déjà entendu lors d'un concert "à l'improviste" et en duo avec Joelle Léandre au Souffle Continu (voir vidéo et photos). Il est venu cette fois avec une instrumentation classique.
Quant à Maguelone Vidal, c'était (pour moi) juste un nom à peine connu au gré des annonces de concerts.
Curiosité aiguisée par la réputation de la saxophoniste. Occasion de l'entendre, en direct, à moins de deux mètres du pavillon de ses saxophones..

Une soirée en deux sets intenses, faite de pièces courtes, dont j'ai capté quelques instants. Je vous propose une sélection de quatre pièces de ce duo pour un total de 13mn32 .

#1 :  durée 0:58
Le concert débute par un jeu portant essentiellement sur les intensités et les timbres (des raclements des cordes, du souffle). Une forme de bourdon qui fascine ... et qui s'arrête brutalement, au bout de moins d'une minute. Le ton était donné.


#8 : durée 3:53
Au violon, une forme de comptine, qu'on imagine issue de la tradition portugaise, mais présentée là toute déchiquetée. Puis au sax soprano, une très belle mélodie qu'on croit connaître, un peu répétitive, elle aussi à peine esquissée : en dire le minimum, distiller l'émotion et laisser l'imagination faire le reste, quitte à danser quand la tension est trop forte.
Puis la rareté se fait encore plus prégnante, jusqu'à l'arrêt ... qui libère un plaisir impossible à réfréner . Une superbe entente des deux artistes pour la jubilation du public.

#9 : durée 4:04
Des stridences au violon, puis au soprano. Une musique puissante, faite d'éclats (la plus longue séquence dure 15 sec dans la première moitié de la pièce), et d'une pâte sonore complexe, qui nous capture. Pour les amateurs d'émotions fortes.

#13 : durée 4:42
"Une dernière chanson"
C'est ainsi qu'est présenté ce dernier morceau par une Maguelone à l'accent du sud.
Stridence suraigüe au sax baryton : le chant d'un étrange oiseau, têtu, insatiable. Au bout d'une minute trente, quelques claques graves au baryton
et des vocalisations dans l'instrument  viennent ponctuer, fracturer ces sifflements, avec la complicité du violon. Un double discours intense et bref.

Et si on écoutait tout ça ?


Pour voir les vidéos en séquence, c'est très simple : cliquer au milieu de l'image ... et c'est tout.
Pour passer à la vidéo suivante avant la fin, faire glisser la souris à droite de l'image et cliquer sur le signe ">" placé dans la demi lune.
Pour en sélectionner une, il suffit de déplacer la souris vers le bas de l'image et de cliquer.


Pour une raison qui m'échappe totalement, la 4e vidéo refuse d'apparaître dans la playlist bien qu'elle y soit incluse. Mystères de YouTube.
Pour contourner cette inexplicable difficulté, voici à part cette vidéo :


Surprise de voir dans l'assistance Steve Dalachinsky.
Volubile, il abordait les spectateurs sans façon, semblant reconnaître chacun (comment?), échangeant des adresses e-mail, mais prenant le temps d'inscrire (d'improviser ?) sur une feuille de papier mal découpée le poème qu'il s'apprêtait à nous déclamer lors de sa seule intervention, entre deux pièces du duo Zingaro-Vidal. "We dream in numbers" (durée 6:32).
Toiles, notes et mots : une superbe convection qui nous porte sur des courants ascendants.

Et pour finir, quelques photos souvenir. Pour voir l'album, il suffit de cliquer sur la photo.

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Une programmation de qualité dans un lieu à découvrir.