IllapsIllaps donne son premier concert officiel le 10 décembre 09 au Triton.
Il s'était de fait déjà produit le 19 septembre dernier dans un (beau) loft de la rue Bichat, dans le 11e (voir l'album photos).

C'est à l'occasion du concert du Triton que je propose d'écouter des extraits de ce qui fut leur galop d'essai.

Petit retour sur la présentation de ce groupe :

"* ILLAPS, s. m. (Théolog.) espèce d'extase contemplative où l'on tombe par des degrés insensibles, où les sens extérieurs s'aliènent, et où les organes intérieurs s'échauffent, s'agitent, et mettent dans un état fort tendre et fort doux, peu différent de celui qui succède à la possession d'une femme bien aimée et bien estimée.

Après un an passé dans sa Ménagerie, Tristan Macé ouvre en grand les cages et voici ce qu'il en sort :  des bêtes à deux dos, des mariages de carpe et de lapin, des chats sans sourire et des sourires sans chat, des vilains canards et des chants du cygne... mais surtout un splendide mouton à cinq pattes : en un mot, un groupe de bêtes. Après tout, Orphée jouait bien de la tortue !
"

On se demande quoi dire de plus tant cette prose est bien choisie, adaptée à la musique du groupe.
Effectivement, il s'agit d'une rencontre de sensibilités bien différentes, de références musicales parfois éloignées les unes des autres, l'une dominant par moments, s'effaçant à d'autres, des univers juxtaposés  ou perturbés, dénaturés ou engrossés, d'autant que chaque artiste revendique plusieurs influences invitées à se mêler à ce doux débat, à ces ébats sonores.

La tourmente modale de Vincent Lê Quang (ss), à l'ombre de Coltrane, les couleurs argentines de Tristan Macé (bandonéon) et son goût des atmosphères étranges, des mélopées orientales aux sonorités entrelacées les plus free de Sébastien LLado (trombone), les frappes subtiles, parfois "jungle", délicieusement irrégulières de François Merville (batterie) et un lyrisme de tous les instants de Kentaro Suzuki, un poète de la basse improvisée, tels sont quelques uns des éléments de cette ménagerie musicale.

Trois extraits proposées, assez différents.
Le premier est une forme de rapt de l'espace par Sébastien Llado : longue mélopée (un quasi bourdon), improvisation collective, solo aux sons rauques, complexes au trombone, dialogues, nouvelle improvisation collective avant le retour de la mélopée. Un voyage de plus de 10 mn.

Le deuxième, plus court (8mn), ou Tristan Macé ouvre le bal, puis un solo aux accents de l'orient de Vincent Lê Quang devenant progressivement free, puis nouveau solo de l'omniprésent Sébastien Llado.

Enfin le 3e extrait (4mn), sur un thème chantant, débute sur un solo de Tristan Macé soutenu par l'unisson des deux souffleurs, puis permet d'entendre un Vincent Lê Quang sensible à souhaits.

Une musique aux chatoiements multiples.