Marc_Edwards___CD_Cover

Rencontre fortuite avec ce disque : une pochette sur Internet au hasard de pérégrinations, une petite fouille des sites de musique en ligne, et l'écoute.
Et l'envie de partager. Un petit mail au label : c'est d'accord.

Le leader est Marc Edwards, un batteur ayant travaillé avec Cecil Taylor dans les années 70 (Dark to themselves) et surtout avec David S. Ware.
Il a rassemblé pour cet enregistrement une formation cordes-percussions : une batterie, un piano (Jeffrey Hayden Shurdut), deux guitares (Tor Snyder et Ernest Anderson III).

Marc_Edwards___CD_inside

La musique de ce CD (disponible qu'en téléchargement chez Ayler Records, n° 84)) s'affiche comme marquée par le rêve spatial, les métaphores cosmiques, le destin tragique de notre planète et son immense solitude dans l'univers :
1 - Ode to a Dying Planet (13:09)
2 - We're Lost in Space, Aren't We? (14:11)
3 - Cygnus Loop Detail (14:28)

Sun Ra ? Pas convainu par le rapprochement.
Oublions les références, les connivences, pour l'écoute.

Tout d'abord, dans les deux premières pièces, une musique d'une grande sensibilité, expressive, délicate souvent, comme suspendue dans le vide.
Un retour assez fréquent à un segment simple (un arpège), toujours le même, comme pour chercher encore et encore toute la sève de cette veine émotionnelle.
Un jeu aussi sur les timbres des différents instruments, ou plus précisément sur les couleurs.
Un parcours free, où chaque musicien suit sa route, et pourtant une belle unité qui émerge de ces volutes enchevêtrées de notes, de sons, de clusters, de matèlements, de cordes grattées, de peaux raclées, d'irrégularités.
A la différence des deux premiers thèmes, "Cygnus Loop Detail" (troisième et dernière pièce) est tout d'énergie, d'intensité, mené par le tandem batterie-piano.
Un disque à deux facettes, unies par ce retour à ce même bout de phrase de cinq notes.
Et oui, Cecil Taylor n'est pas loin, mais il influencé tellement d'artistes ...
Un grand plaisir à partager.

 

Ayler Records 2008
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