Flux Jazz

14 mars 2016

Cheminer avec Milford Graves et finir dans les bras de Tzadik

Milford Graves - photo https://downtownmusic.net

Milford Graves N&B

"Je pars d'un point ..." Non, je ne vais pas paraphraser Coltrane.
Cela dit, sur mon compte Facebook, j'ai "enregistré" une vidéo proposée par le toujours très curieux Tony Atkinson (un pen-friend) proposant l'intégralité de l'album de Milford Graves "Meditation among us" (1977, 36mn). Une musique torrentielle due pour l'essentiel à l'énergie hors du commun du leader-batteur, ici entouré d'une 4tet de musicien japonais : Toshinori Kondo (tp), Kaoru Abe (sax), Toshi Tsuchitori (p, dr), et Motoharu Yoshizawa (b). La chronique sur AllMusic (en anglais) est éclairante : en synthèse, Milford Graves asphixie totalement les autres musiciens qui rendent toutes leurs tripes pour rester dans la course; plutôt une réussite (4/5 chez AllMusic).
Un grand plaisir, à partager là (ou en cliquant sur la couverture de l'album)

Milford Graves Meditation among us

Mais ce bonheur musical était incomplet. Il fallait des compagnons qui tiennent la dragée haute à ce formidable batteur.
J'ai trouvé un trio avec Marshall Allen et Henry Grimes. Pour paraphraser un ex-président, là, "c'est du sérieux". 26 minutes particulièrement intenses, avec un Henry Grimes en grande forme à la basse et au violon, un Milford Graves qui donne le sentiment de ne pas faire grand'chose alors que ses peaux sont martelées d'une manière obsédante, et un Marshall Allen très convainquant au sax, peut-être moins sur son mini clavier ou sur son étrange instrument à vent.
Pour s'en convaincre, il suffit de cliquer là ou sur la photo. C'était le 4 décembre 2012.

Milford Graves, Marshal Allen, Henry Grimes

Une orgie sonore !
Mais peut-on faire encore mieux ?
Je vous propose une pseudo vidéo, une image fixe sur un extrait de CD. Il s'agit de la première rencontre (sur cinq) entre Graves, Braxton et William Parker.
Ici, c'est Anthony Braxton, monstrueusement talentueux, introverti et doux, qui, progressivement, déverse un torrent créatif. On n'entend que lui. Il nous subjugue, il nous fascine par son impétuosité. Mais ses deux acolytes ne s'en laissent pas compter. Une rythmique puissante, omniprésente, qui dégage son espace propre et force notre écoute.

"If ever a recording needed to be trumpeted from the rooftops, it's this one"
C'est ainsi que commence la chronique (toujours sur AllMusic) de cet album qu'on doit à John Zorn et à son label Tzadik (2008).
Comme la fin de cette première "rencontre" est abrupte, on voudrait en savoir plus. Cette plage a-t-elle été tronquée. Et le reste de l'album ? Mérite-t-il cette chronique dithyrambique ?
Pour en avoir le coeur net, je vous en propose l'écoute intégrale, via un clic sur la couverture de l'album.
(Attention, contrairement au titre de la page, les cinq pièces sont disponibles à l'écoute et non la seule quatrième.)

Braxton, Graves, Parker Beyong Quantum (2)

 

Un album somptueux.


29 février 2016

Daunik McPhee (Selmer 1er février 16; vidéo d'Annie Zivkovic)

Daunik Lazro chez Selmer

Daunik Lazro - Selmer - 1er fev 16

Dès les premières notes, c'est plié. On sait d'évidence que le charivari des âmes est enclenché.
Le thème, Vieux Carré, bouleversant, de Joe McPhee, fait partie du code génétique de certains. Hommage à Sidney Bechet et Steve Lacy nous rappelle Guillaume Belhomme (voir Leka Lente).
Daunik Lazro nous la joue bluesy, sur un thème constellé de témoignages d'affection. Mais s'il nous câline ainsi tendrement, c'est pour nous mener sur des sentiers aux délices escarpés, vers des univers sonores complexes, éraillés, où l'oreille est toujours surprise, charmée, sournoisement égarée, agacée pour être mieux séduite.
Capté à l'espace Selmer, le 1er février, par Annie Zivkovic, en présence de Joe McPhee.

On peut retrouver ce thème sur le CD de Daunik Lazro "Some other zongs" chez Ayler Records.

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23 décembre 2014

A propos de Whiplash

Whiplash 2

L'agenda radio qui couvre cette période de fête (publié hier sur Jazz à Paris) proposait plusieurs relais d'émissions passées (quatre + une vidéo !) *.

Il se terminait par : 
"On ne badine pas avec le Jazz" du 21 décembre, émission consacrée à Whiplash.

... ou comment le cinéma, quand il le veut vraiment, peut être très éloquent sur le jazz.
« Il n'est pas indispensable d'être fou pour faire du cinéma.
Mais ça aide beaucoup. » Samuel Goldwyn


Ce film sort dans les salles le 24 décembre.


Aussi, pour finir l'année en un pur swing cinématographique (eh oui, on demeure fidèle !), focus sur cette émission.


...

A ne pas louper (27:30), la véhémence de Buddy Rich envers ses musiciens pas assez à la hauteur, mais "... my drummer is Rich" auraient-ils pu dire (le jeu de mots n'est pas de moi).

 

Buddy Rich
Buddy Rich

Et pour finir l'émission aux couleurs de Cuba, extraits musicaux du film "Chef". Si vous ne l'avez pas vu, vous avez manqué près de 2h de bonne humeur et de musique.
* Open Jazz : « Akasha » de Yves Rousseau
* Jazz Live : Eli Degibri au Jazz Festival de Nice 2014
* Jazz on 3 : Concert célébrant les 75 ans de Blue Note (Akinmusire ...)
* ONJ - Paris (vidéo)
* Whiplash
Pour écouter voir ces concerts, direction l'agenda radio du 21 décembre.
Profitez bien de la vie .

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08 décembre 2014

Tyshawn Sorey, Dave Burrell, Henry Grimes - The Stone

Tyshawn Sorey photo www.for-tune.pl

Tyshawn Sorey for-tune_pl


Petite séance de rattrapage pour ceux qui avaient manqué la vidéo
qui accompagnait l'agenda concert.
(ou allez directement sur ParisJazzAgenda)
Sur cette vidéo , Tyshawn Sorey.
Il invitait au Stone Dave Burrell et Henry Grimes

...

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05 décembre 2014

Joe McPhee & Konstrukt

Une vidéo vous était proposée avec le derniert agenda radio
(lui-même mis à jour depuis sa parution; faites-y un tour)
Sur cette vidéo, Joe McPhee et le très incisif Konstrukt
"Live at Babylon"

Joe McPhee: tenor saxophone, pocket trumpet
Korhan Futaci, tenor & alto saxophones, flutes, theremin
Umut Çaglar: guitar, moog, organ, flute, kalimba,...
Özün Usta: upright & acoustic basses, cura
Korhan Argüden: drums, cymbals

 Ils s'étaient retrouvés pour un CD
(que je n'ai pas eu l'occasion d'écouter)

Joe McPhee and Konstrukt - CD
Avis aux collectionneurs

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15 octobre 2014

Sylvain Rifflet "Alphabet" au festival Like a Jazz Machine (10 mai 14)

Sylvain Rifflet Alphabet - photo Arte Live Web

Arte Live Web a changé de nom pour Arte Concert. Et donc sur cet excellent site, bien des concerts sont proposés, mais pour une durée limitée. C'est ainsi que les 55 minutes de l'Alphabet du 4tet de Sylvain Rifflet vont s'évaporer dans les nébuleuse numérique le 11 novembre prochain. Seuls quelques archéologues des interstices virtuelles pourront ensuite en extraire quelques traces.
Aussi, pronto, écoutons cette musique attachante et sensible, inspirée au moins en partie par les minimalistes, cette quasi suite, servie par de très bons musiciens, inspirés.
Une alchimie des sons très réussie et une seconde partie de concert encore plus enivrante, peut-être parce que cette musique sait chercher et trouver les neurones les plus sensibles. Un jazz hors les murs, intelligent. Ne manquez pas le final, un solo au sax en forme de ritournelle aux couleurs d'un siècle révolu, aux sonorités exigeantes, aux silences expressifs.


Pour en savoir plus,
http://concert.arte.tv/fr/sylvain-rifflet-presente-alphabet-au-festival-jazz-machine
...

Musicien :Joce Mienniel (fl) , Phil Gordiani (g), Benjamin Flament (perc), Sylvain Rifflet (comp, ts, cl)

Une production Oleo Films

23 septembre 2014

Kenny Wheeler aussi ...


Kenny Wheeler
Je ne sais de qui est cette photo, mais elle m'a accroché

Kenny Wheeler nous a quitté le 18 septembre dernier.
"Kenny Wheeler......his shadow will never die..........I wish we could have helped more....I know so many people did.....He was so poor and lonely at the end....shit it was such a huge musician.......Rest In Peace now....."
Pardon d'avoir emprunté ces mots à une superbe musicienne, mais en peu de mots, que de tendresse.
Un autre de ses amis a signalé des articles, des vidéos (plutôt des bandes-son). Tiens, il jouait avec lui à Antibes, le 25 juillet 1975. A leur côté, Anthony Braxton et Barry Altschul pour un See-Saw rageur. Près de dix minutes intenses, d'une musique en train de se libérer de conventions encore persitantes ... pas de toutes : dans cette pièce, chacun y va de son solo, l'un après l'autre, mais pas sagement : Anthony Braxton, Kenny Wheeler, Dave Holland, Barry Altschul.
Dix minutes de réel plaisir comme sait nous offrir le jazz.


lien direct : http://youtu.be/rFS4NKMISAk

 Et si on remontait un peu plus avant ? En 1968, avec le Spontaneous Music Ensemble. Vidéo signalée par le même Dave Holland. Avec eux, Derek Bailey, Evan Parker et John Stevens, pour un album portant en exergue : "are the imaginary birds sold to live in paradise".
Une musique très en rupture avec l'époque, avec un final en forme de superbe déferlante.


Lien direct : http://youtu.be/ref3Iu0LYyg  

17 septembre 2014

Michel Portal Unit (1974)

Michel Portal Unit 1974 - Magnum photos
Michel Portal Unit 1974 - Magnum photos

Un concert tout bonnement excellent, diffusé en 1974 par NDR (radio allemande bien présente dans nos agendas radio du lundi). Des musiciens alors pétillants d'intelligence, de fougue, de talent qui se sont jetés sur le Free, peut-être avec la foi du charbonnier, et qui ont contribué à l'émergence d'un jazz proprement européen.
Un jazz sans apprêt, qui bouscule encore aujourd'hui.
80 minutes bien denses répartie sur trois vidéos (en fait trois sons avec image fixe), pas totalement exemptes de quelques afféteries de l'époque, mais avec quel punch !
J'ai choisi un teasing, la video la plus courte, Kyoto, afin de rendre indispensable l'écoute du reste, avec en particulier un dialogue étonnant entre Beb Guerin et Leon Francioli (une petite dédicace à Benjamin).


... lien direct : http://youtu.be/F-CQW2LGKjQ ...

Les musiciens ?
Michel Portal: as,ts,cl,bandoneon
Bernard Vitet: tp,vln,frh,p
Beb Guérin: b
Léon Francioli: b,cello
Pierre Favre: dr,perc

Et le reste dudit concert me diriez-vous ?
Le premier "son" dure 40 mn : http://youtu.be/uk1IOmpJTMM avec 3 thèmes :
La Guepe (Vitet), Nolilanga (Francioli), Kronenche (Portal)
Le deuxième extrait dure près de 35mn avec le thème Splendid Yzlment (Portal) : http://youtu.be/p5MI43k8lKw  

Ces extraits ont été signalés par Tony Atkinson, un fou de jazz sachant débusquer des pépites enfouies dans les replis du cyberspace.

 

12 septembre 2014

Louis Sclavis "Silk and Salt" 4tet

Louis Sclavis Silk and salt 4tet bandeaus

Dans la famille des CDs que je n'ai pas reçus, "Silk and Salt" du nouveau 4tet de Louis Sclavis. Il s'agit du trio Atlas, avec Benjamin Moussay et Gilles Coronado, augmenté du joueur de zarb, Keyvan Chemirani. Il ne s'agit donc pas d'une chronique mais d'une invitation à écouter deux émissions de radio qui ont pour thème cet enregistrement chez ECM. En tout, trois heures de musique, que vous pourrez écouter en prenant votre temps puisqu'elle resteront disponibles jusqu'en juin 2017. Mais ne traînez pas : vous risqueriez d'oublier et ce serait bien dommage.
Ces trois heures comportent de larges moments consacrés à l'actualité muisicale du moment, dont un étonnant enregistrement de Yom, en compagnie de Claude Tchamitchian : "Le Silence de l'Exode", présent dans les deux émissions : "Summertime" d'Elsa Boublil sur France Inter et "Open Jazz" d'Alex Dutilh sur France Musique.

Elsa Boublil Summertime France InterLe dimanche 7 septembre sur France Inter, Summertime propose deux heures de jazz (comme chaque dimanche).
Une première partie est consacrée à l'actualité du disque, la seconde à l'invité de la soirée. Louis Sclavis est venu en compagnie de B. Moussay et de G. Coronado.
Ils vont jouer en direct deux des thèmes de leur dernier disque ("Silk and salt melody") : c'est donc un contenu exclusif, avec "Sel et Soie" et "L'homme du Sud" : un thème qui résonne comme une vieille chanson nostalgique, d'ici comme d'ailleurs (un très vague évocation du rythme argentin à la guitare, des résonnances d'une Europe centrale révolue ... ). Un toucher particulièrement délicat de Moussay pour distiller l'émotion retenue de ce très beau thème. Puis le chant de Sclavis. On devient vite accro à ce nouvel univers. L'Atlas trio de Louis Sclavis, Benjamin Moussay et Gilles Coronado a encore bien des choses à dire !
Louis Sclavis est intérrogé par une Elsa Boublil qui l'entraîne vers l'Orient, l'exode, des paysages imaginaires. "C'est l'auditeur qui fabrique les paysages, pas moi" précise-t-il tout en évocant sa fascination pour cette Asie lointaine.
Quelques incursions aussi dans l'histoire du jazz avec une plage de "Black Saint Sinner Lady" de Charles Mingus (il faut réécouter ce disque ! prenez donc une heure d'insomnie et régalez-vous) : "Charles Mingus est un fondateur" dira Louis Sclavis avant de faire une déclaration d'amour à la jeune scène française, riche de très belles propositions musicales. Pourquoi pas une contrebasse pour ce disque ? "Il fallait la carence (de la basse et de la batterie) pour faire cette musique là".

Pour écouter l'émission, cliquez sur la bannière ci-dessous
(Ne pas se fier à l'indication de durée : vous aurez droit à vos deux heures
La partie consacrée à Louis Sclavis débute à la minute 53)Summertime sur France Inter

Alex Dutilh - photo Jean-Baptiste-Millot 
Alex Dutilh - photo Jean-Baptiste-MillotL'Open Jazz d'Alex Dutilh du 8 septembre reprenait l'exploration de ce CD en compagnie du seul Louis Sclavis.
Quelques questions similaires, c'est inévitable, mais l'accent était plutôt mis sur l'élaboration de cet enregistrement.
Comment le disque a-t-il été enregistré ? Le rôle de ECM ? Est-ce que les musiciens sont cadrés ? Comment s'est passée la composition des 9 pistes ? Le rôle des autres musiciens dans ces compositions ? Les différentes phases (il y en a quatre !). La qualité sonore de l'enregistrement. Sclavis et la photo, Sclavis et la pochette.
Dans les écoutes proposées, un disque de Nina Simone "Silk and Soul", qui arrache l'aveu d'amour à cette chanteuse, mise au même panthéon qu'Ella Fitzgerald.

Pour écouter l'émission, cliquez sur la photo

Open Jazz Alex Dutilh

C'est tout l'intérêt de ces deux émissions que d'avoir trouvé des angles d'attaque différents, pour notre plus grand plaisir. Deux grands pros de la radio.
Et pour finir, un concert de l'Atlas trio (1h13) en hommage à un autre grand pro de Radio France, Xavier Prévost, dont l'émission passe à la trappe, et peut-être aussi les concerts.


Et pour finir deux sites consacrés à Louis Sclavis : celui de Mikiko et celui dédié à ses photos .

Louis Sclavis - croquis pour Mikiko by Jacky Uzeste 2006uzeste06_02

10 septembre 2014

Coltrane "Offering" Temple University 1966

John Coltrane Offering Temple University 1966Pour cette reprise de Flux Jazz, je propose un retour aux sources, avec un saut d'un demi siècle.

Au début de 1964, on pouvait se régaler des provocations de Monk et des colères de Mingus. Le jazz était alors totalement bouleversé par Coltrane, Dolphy et Ornette. Déjà, Albert Ayler pointait un sax iconoclaste au lyrisme puissant. Miles et Art Blackey faisaient flamboyer le hard bop et Duke Ellington s'était frotté aux défricheurs du moment et avait gravé avec eux des plages d'une confondante beauté : Money Jungle (avec Mingus et Roach), et en duo avec Coltrane.
De tels talents n'étaient pas isolés, bien sûr.

Puis trois déflagrations, trois destins tragiques, à trois ans d'intervalle : 1964 (Dolphy), 1967 (Coltrane), 1970 (Ayler). Le jazz changeait d'orbite.

Avec le temps, après les sifflets et les vociférations accusant Coltrane d'imposture ("ils sont deux à souffler"), vint le temps de la béatification, avec en guise de sainte trinité le quartette mythique de My Favorite Things. La suite n'était pas ignorée, mais ne constituait pas le coeur de l'épopée : une manière peut-être d'évacuer le traumatisme de sa disparition; peut-être aussi pour n'avoir pas à digérer de surcroît une musique bien plus abrupte.
Et depuis le début de cette année 2014, une résurgence de l'actualité coltranienne.
On retrouve par exemple un enregistrement étonnant, d'assez mauvaise qualité, mais qui constitue un témoignage bouleversant de sa collaboration avec Eric Dolphy* .
Et, ô miracle, on retrouve aussi la quasi intégralité du concert de Temple University de 1966 (une version plus longue d'1/2 heure que le CD déjà publié). Un document techniquement retravaillé qui devrait sortir en double CD, chez Impulse, le 23 septembre prochain, date anniversaire de la naissance du "Geant" (1926). Déjà au mois d'avril dernier, FIP sortait l'info.

Le disque n'est pas encore publié qu'on dispose de trois chroniques et d'une vidéo pour un parler. D'autres témoignages viendront, c'est certain. La machine promotionnelle est bien lancée. Pensez-y pour les cadeaux de fin d'année.
Comme je ne dispose pas de cet enregistrement (Impulse aurait dû me l'envoyer, c'est sûr), je propose un détour vers YouTube pour la version déjà commercialisée. Il s'agit du son de Crescent (26mn, en deux parties), avec pour seule image, la pochette d'alors.
Dès l'exposition du thème, le ton est donnée : il s'agira d'une plage sombre, torturée. La version de 1964, avec le 4tet historique, paraît bien douce (voir plus bas). Au bout de trois minutes, on attend le solo du maître, mais c'est Pharoah Sanders qui prend la parole pour ne pas la lâcher sept minutes durant. Des sonorités tourmentées, toutes de roulements, d'une intensité inouïe, d'une expressivité totale. Des sons doublés puis des cris étranglés qui laissent pantois. Lorsqu'Alice Coltrane prend la relève, c'est l'accalmie, toute relative (" Imagine Oscar Peterson sous LSD" dit AllAboutJazz). La 2eme video débute par la suite de son solo, suivi d'un saxophoniste, Arnold Joyner (était-il invité ?) comme transporté par l'ambiance folle de ce concert. Enfin, Coltrane intervient. Un chant, au lyrisme puissant, un chant obsessionnel tout de vibrato (un zeste d'Albert Ayler ?), un chant torturé, déchiqueté.
Que jouer après ça ? L'orchestre s'arrête.

Crescent 1 https://www.youtube.com/watch?v=Dxi60tAygbQ


Crescent 2 (dont solo de Coltrane) : https://www.youtube.com/watch?v=DK-7-BMFMCI


Une formation originale : John Coltrane (ts, ss, fl, voix), Pharoah Sanders (ts, piccolo), Alice Coltrane (p), Sonny Johnson (b), Rashied Ali (dr), Arnold Joyner & Steve Knoblauch (as), Umar Ali, Robert Kenyatta, Charles Brown & Algie DeWitt (perc)
Les CDs : #1 Naima; Crescent. #2 Leo; Offering; My Favorite Things

En attendant la parution du double CD, on pourra visionner un documentaire, faisant intervenir en particulier le fils (Ravi Coltrane) et Ashley Khan, le biographe incontournable du moment.

On lira avec intérêt la chronique de Bruno Pfeiffer dans "Ca va jazzer", relayé par Liberation.
Enfin, deux chroniques en anglais (même moi j'arrive à comprendre) : The Blue Moment et All About Jazz .
Et, comme promis, la version de 1964

Crescent en 1964 : https://www.youtube.com/watch?v=VHEv110bHUA



* sur FaceBook, séquence Coltrane - Dolphy de 20mn, impossible à relayer. Abonnez-vous à la page "Coltrane Research" et cherchez le post du 15 mars 2014
"A lo-fi recording of mysterious origin, this is a most intense version of Impressions, with Trane and Eric filling up the 20 minutes -- McCoy can't get a solo in edgewise. For the Coltrane Research page only, this one won't be going up on u2b."
Une page passionnante, faut-il le dire ?

Lien utile : http://www.johncoltrane.com/